

Comment devient-on Albert le Dingue ?
retour Amoureux talentueux, Albert
plaît aux femmes et inspire les
hommes. Sa vie est une oeuvre d’art. Et
puis, il va sauver le monde, il va
devenir héros malgré lui, face à une
Trilatérale bien réelle, qui nous spolie
chaque jour un peu plus. N’y a-t-il pas
un peu d’Albert en chacun de nous ?
On vous connaît comme auteur de
jeu vidéo, avec Captain Blood, Dune,
Égypte, Versailles, producteur de
musique avec Henri Salvador,
précurseur avec le Deuxième Monde.
Comment avez-vous décidé de passer
au roman ?
Albert est arrivé chez moi un
matin. Il m’a mis un couteau sous la
gorge et a dit : « écrit » (rires). Plus
sérieusement, depuis que je suis tout
jeune, j’ai toujours pensé que, le jour
venu, j’écrirais. C’est peut-être parce
que je traverse une crise
d’existentialisme de gauche que je
ressens cette pulsion. Au départ, Un
délicieux carnage était une simple
nouvelle, une histoire d’amour dans un
hôtel du bord de mer, un galop d’essai,
puis il a évolué grâce à mon éditeur.
Vous voulez faire un jeu vidéo
d’un nouveau genre sur Internet ?
Oui, c’est exact, vous êtes bien
renseignée. Il s’agit d’une
communauté autour d’un site :
www.undelicieuxcarnage.com. Les
joueurs vont faire évoluer l’histoire
d’Albert le Dingue, inventer des
nouvelles recettes, participer à des
ébats et des débats. C’est un jeu
d’aventure drôle et caustique dans
lequel l’actualité et les personnes
publiques auront un rôle. J’aimerais
également développer une
communauté autour de ce délicieux
carnage, organiser des rencontres
dans des lieux qu’Albert fréquente, y
déguster des mets albertiens et
séduire
Photo : © DR
Producteur de disques (on lui doit le
retour de Henri Salvador), gourou du
jeu vidéo (il a fondé Cryo Interactive
et conçu des jeux mythiques comme
Dune, Captain Blood ou l’univers
virtuel du Deuxième Monde avec
Canal Plus), Philippe Ulrich prouve
avec Un délicieux carnage qu’il est
aussi un écrivain.