
Aujourd’hui comme naguère, le nom de Pasolini est entouré d’un halo de lumière. Loué comme écrivain, acclamé comme metteur en scène dans le monde entier, sa mort, aussi soudaine que dramatique sur une plage près de Rome, a parachevé une œuvre qui n’en finit pas de se révéler, tout en conservant sa part d’ombre. C’est bien malgré lui que Pasolini a mené son combat contre une démocratie chrétienne qui n’avait de cesse de le jeter aux fauves de l’opinion, et qui, à Rome, se faisait la main sur les parias de l’ordre social et moral.
Pier Paolo Pasolini se méfiait de la presse et détestait donner des interviews. Mis en confiance par Jean Duflot, il accepta le principe de ces entretiens comme pour rejeter ce « temps des assassins ». Il s’y explique, ou, plutôt, tente de s’expliquer sur le sens de cette œuvre, sur sa démarche. On y retrouve les thématiques qui lui étaient si chères : l’analyse de la violence, sa quête incessante de vérité, son rapport à la religion et au marxisme. Bien entendu, la condamnation du fascisme et de la société de consommation y sont présentes à chaque page. Pasolini y opposait l’alternative de la reprise poétique de l’individu pour réenchanter l’existence, celle d’une esthétique de vie émancipée des peurs et des tabous de l’ordre dominant.
Esquisse d’un portrait possible de l’homme que ses détracteurs désignaient comme un poète voyou, cette série d’entretiens (1969-1975) - en particulier ceux tenus quelques mois avant sa disparition - constitue le testament spirituel et politique de Pasolini. Il s’agit là de la réédition d’un texte historique, inaccessible aux lecteurs depuis près de 25 ans.
Ce texte inaugure la nouvelle collection « Entretiens » des Éditions Gutenberg
© Hulton-Deutsch Collection/CORBIS | RM
Mort en 1975, à l’âge de 53 ans, dans des circonstances jamais élucidées, Pasolini laisse un héritage culturel immense : qu’il s’agisse de son œuvre littéraire Les Ragazzi, 1958 ou cinématographique Mamma Roma, 1962 ; L’Évangile selon saint Mathieu, 1964 ; œdipe Roi, 1967 ; Théorème, 1968 ; Le Décaméron, 1970 ; Les Contes de Canterbury, 1971 ; Les Mille et une nuits, 1973 ; Salò ou les 120 journées de Sodome, 1975.
Journaliste et écrivain, Jean Duflot a collaboré en France, en Algérie et en Italie à Communita, l’Espresso, Jeune Afrique, Révolution Africaine, Politique hebdo, Temps Modernes. Outre les entretiens avec Pasolini, et ceux très remarqués avec Moravia, il a publié une quinzaine d’ouvrages.
L'entretien (réalisé entre 1969 et 1975, en deux temps) que Pasolini accorda à Jean Duflot et qui constitue l'une des sources essentielles des biographies de l'écrivain permet de comprendre en profondeur la genèse de la création poétique et jette un éclairage intéressant non seulement sur lui, mais sur ses héritiers.
René de Ceccatty
Le Monde
Cela faisait donc 25 ans que ce texte etait indisponible.
Têtu
Collection Entretiens
Le grand suppositoire Entretiens avec Marc Alyn
Informations sur le livre
ISBN: 2-35236-008-0
140 X 225 cm
240 pages
18,95 euros